article crée le 15/01/2020, dernière modification le 22/07/2021

Olivier est resté menuisier avec un seul bras valide

Découvrez le témoignage d'Olivier Cheval accompagner par les services de Cap emploi, la médecine du travail et un ergonome afin de bénéficier d'un poste de travail aménagé et d'exercer son métier au sein de Breiz-alu.

Menuisier de formation, Olivier Cheval adore travailler l’aluminium, ce « matériau propre et fini ». Il doit pourtant le manipuler avec un seul bras. La faute à un accident de la circulation dans sa jeunesse. Opérateur sur les chantiers, il avait dû se résigner à travailler en atelier dans l’entreprise de menuiserie du pays de Redon, qui l’avait embauché avant son accident. « Quand j’étais soigné à Kerpape, on m’avait dit que je ne retravaillerai sûrement pas. Ou alors que ce serait vraiment exceptionnel. Il a fallu créer l’exception… »

En 2018, son employeur dépose le bilan. Licencié économique, il frappe à la porte de la société Breiz-alu de Jean-Paul Boulande, à La Chapelle- Caro (Morbihan).

« Je vois d’abord sa motivation »

Comme beaucoup de chefs d’entreprise dans le secteur du bâtiment, le directeur peine depuis plusieurs années à trouver des salariés. Il en a pourtant besoin. Son entreprise est en pleine croissance, du fait du développement des pergolas bioclimatiques, des vérandas et des ouvertures connectées.

Alors, quand il a entre les mains la lettre d’Olivier Cheval mentionnant ses vingt-quatre ans d’expérience et sa motivation, il ne s’arrête pas au handicap, que son candidat n’avait pas caché. « Ce que je vois d’abord, c’est son expérience et sa motivation », explique le dirigeant qui aimerait « avoir plus souvent des candidatures de ce type ». Seul souci, le poste pose problème. Contrairement à son ancienne entreprise qui ne confectionnait que des portes et fenêtres, Breiz-alu fabrique de grandes structures, avec des sections d’aluminium beaucoup plus lourdes et volumineuses à déplacer. L’adaptation du poste s’annonce difficile, mais pas impossible. Le patron n’imagine pas renoncer. « Avec Cap emploi, la médecine du travail et un ergonome nous avons réfléchi aux aménagements qui lui permettraient de travailler. » Six mois ont été nécessaires pour trouver un chariot motorisé manipulable avec un seul bras et investir dans une nouvelle machine de découpe plus facile à adapter à son unique main valide. « Il fallait appuyer en même temps sur un bouton de chaque côté pour la faire fonctionner. On les a fait déplacer du même côté pour être manipulable avec deux doigts », décrit l’opérateur devant sa nouvelle machine.

Servir d’exemple

Une partie de son surcoût a été prise par l’Agefiph, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées, souligne Jean- Paul Boulande. Et si les démarches ont duré six mois, le patron en apprécie l’efficacité, lui ayant donné la possibilité d’embaucher un nouveau salarié compétent et motivé.

Une exception qui pourrait servir d’exemple. La directrice générale de l’Association pour le développement de l’insertion et l’emploi des personnes handicapées du Morbihan, Valérie Loric, le répète à tous les employeurs déprimés par le manque de motivation de bien des candidats : « Les personnes en situation de handicap sont souvent plus motivées que les autres. » Olivier Cheval confirme. « Quand on a un handicap, on doit toujours montrer qu’on est capable. »

Article Ouest France du 18 novembre 2019. Auteur : Olivier Cléro


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